Côte d’Ivoire : Enlèvements de mineurs et crimes rituels

Je suis Bouba…

 

Le 26 Février dernier, Aboubacar (alias Bouba), un petit garçon de 4 ans a été retrouvé égorgé, le corps ligoté et vidé de son sang. Voici un funeste exemple de ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis plusieurs années déjà. Depuis le mois de Janvier, selon les autorités ivoiriennes, 8 cas d’enlèvements ou de disparitions ont été signalé. Parmi eux 3 ont été retrouvés morts, un est toujours porté disparu et 4 ont pu être retrouvés vivants. Entre décembre 2014 à fin janvier 2015 la police ivoirienne dénombrait 21 cas d’enlèvements d’enfants dont la plupart sont retrouvés morts et mutilés.
Cette année, le cas de Bouba à Abidjan ainsi que le meurtre d’une Lycéenne dans le Centre-Est du pays ont indigné l’opinion publique et soulevé la colère de la population. Ce phénomène n’est pas nouveau dans le pays et se produit généralement entre Décembre et Mars.

 
 

 
 

Mais quelles sont les causes de ces crimes ? Pourquoi se produisent-ils très fréquemment dans une période donnée ? Enfin pourquoi en parle-t’on aujourd’hui plus qu’avant ?

 
 

La Côte d’Ivoire abrite 23.7 millions d’habitants. Il existe environ 70 groupes ethniques différents dans cette nation, auxquels il faut ajouter un pourcentage élevé d’immigrés des pays voisins. Dans le pays on estime que la population est à 35,5% animiste, 33% chrétienne et à 31.5% musulmane. Enfin de façon générale, même si elle n’en pratique pas forcément les rites, la majorité de la population croit que les féticheurs et sorciers ont une réelle puissance mystique. Les rites mystiques font partie de la plupart des coutumes ethniques et persistent encore aujourd’hui. Dans ces croyances, les sacrifices pour obtenir un enfant, la richesse, un diplôme, l’amour perdu ou encore remporter des élections sont très répandus. Plus l’objet sacrifié est rare et plus il a de valeur et de puissance pour réaliser son but.

C’est dans ce contexte que prennent place ce qu’on appelle en Afrique les crimes rituels. C’est au Gabon que l’on associe la première fois le terme de crime à l’adjectif de rituel. Cette expression correspond à un meurtre commis en respectant les règles prescrites par un rite.

En Côte d’Ivoire, ont été répertoriées 3 catégories de crimes rituels. Tout d’abord ceux liés à un évènement précis (pour remporter une élection, une compétition sportive, obtenir une promotion, ou étant liés aux pratiques culturelles de certaines ethnies). Il existe aussi les crimes liés à la cybercriminalité. En effet, en sacrifiant des êtres humains, ils ont pour but d’ensorceler des victimes potentielles sur internet qui tomberont plus facilement dans une escroquerie. Enfin sont connus les crimes rituels dans le but de trafics d’organes.

Ces meurtres ont en général le même mode opératoire : trouver une victime (souvent un enfant car sans défense), la tuer puis la vider de son sang (en l’égorgeant) et/ou lui sectionner un membre (souvent ses parties génitales).

 

 

L’auteur présumé du meurtre de Bouba, un bijoutier de 27 ans, a avoué l’avoir tué sur les conseils d’un féticheur afin de devenir riche. Mais 2018 est aussi une année de période électorale en Côte d’Ivoire. Ainsi comme cela a déjà été observé lors de périodes similaires, on voit une recrudescence de disparitions d’enfants et de crimes rituels. Les auteurs ne sont pas toujours retrouvés mais dans l’opinion publique, les hommes politiques sont les commanditaires de ces crimes affreux parce qu’ils leur octroient le pouvoir de leur faire gagner des élections. Avec 42% de la population en situation de pauvreté, les commanditaires proposent aux exécutants de fortes sommes pour commettre l’irréparable.

Les familles des victimes au-delà de la perte d’un être cher, doivent faire face à l’injustice car compte tenu de leur position sociale, les commanditaires sont rarement inquiétés par la justice même lorsqu’il existe des aveux et des preuves de leurs implications.  En outre, les exécutants appréhendés gardent souvent le silence par peur d’être éliminé et comptent également sur l’intervention du commanditaire pour les sortir de là.  L’impunité des responsables de ces crimes est l’une des causes qui explique leur apparition et persistance.

Si la connaissance de ce type de crimes prend autant d’ampleur aujourd’hui, les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. L’information circulant très rapidement et de façon massive, même le Chef de l’Etat a dû intervenir à l’écran sous la pression du mécontentement et de la psychose qui prend place au sein de la population.

Malheureusement, La Côte d’Ivoire n’est pas une exception et la plupart des pays subsahariens sont touchés par ce phénomène macabre.

Nous pouvons imaginer en tant que chrétien la colère du Seigneur face à tous ces crimes atroces. Jésus est le défenseur des enfants et de tous ceux qui sont vulnérables. Il dira :

« Mais quiconque scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on mette à son cou une meule d’âne, et qu’on le jette au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales ! Il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive. » Matt.18.6-7. « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ; car je vous dis que dans les cieux leurs anges voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux » Matt.18.10

 

Que fait le Pain Quotidien dans le Pays ?

 

 

Le Pain Quotidien intervient depuis 2 ans en Côte d’Ivoire avec l’ONG Cœur Réformé et 25 enfants sont actuellement soutenus par le parrainage.

Le Pain Quotidien en Cote d’Ivoire…

 

Quelques Sources…

 

http://www.linfodrome.com/societe-culture/37179-phenomenes-d-enlevements-d-enfants-crimes-rituels-dr-bazare-nebi-raymond-socio-criminologue-fait-de-graves-revelations

http://observers.france24.com/fr/20180309-cote-ivoire-crimes-rituels-elections-bouba

Côte d’ivoire

https://www.sacri.org/les-crimes-rituels/les-causes-probables/

Enfants de Côte d’Ivoire

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